Solidarité internatio nale avec la grève étudiante du Québec
FRANÇAIS - ENGLISH (TEXT BELOW)
ILPS SALUTES THE STRIKING STUDENTS IN QUEBEC AND SUPPORTS THE FIGHT FOR THE RIGHT TO EDUCATION
Issued by the Office of the Chairperson of the International League of Peoples' Struggle - April 25, 2012
Message de solidarité de la Ligue internationale des luttes des peuples (LILP)
avec les étudiantes/iants du Québec en appui à leur lutte pour le droit à l’éducation
émis par le Bureau du président de la Ligue internationale des luttes des peuples, le 25 avril 2012
Bureau du président
Ligue internationale des luttes des peuples (LILP) / International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
Postbus 475, 3500 AL Utrecht, Netherlands
Téléphone : +31-30-8895306 – Télécopieur : +31-30-2322989
Courriel : ilpschair@casema.nl – ilp515@runbox.com
Internet : http://www.ilps.info
Message de solidarité de la Ligue internationale des luttes des peuples (ILPS) avec les étudiantes/iants du Québec en appui à leur lutte pour le droit à l’éducation
émis par le Bureau du président de la Ligue internationale des luttes des peuples, le 25 avril 2012
La Ligue
internationale des luttes des peuples (LILP) salue l'esprit combatif et la
détermination des étudiantes/iants du Québec, qui, depuis 10 semaines, mènent
une grève historique, secouant les échelons les plus élevés du pouvoir,
s’opposant au programme néolibéral du gouvernement et mobilisant des milliers
d'étudiantes/iants et de sympathisantes/ants dans une bataille épique pour le
droit à l’éducation. Les étudiantes/iants
dénoncent les tentatives du gouvernement libéral du Québec de revenir sur les
promesses passées et d’augmenter les frais de scolarité post-secondaires de 1 625
dollars canadiens au cours des cinq prochaines années, doublant ainsi les taux
actuels. Une puissante bataille des
forces populaires est en cours alors que les étudiantes/iants et les
sympathisantes/ants organisent de grandes manifestations de rue, des occupations
et d’autres actions créatives.
Le 22
mars 2012, plus de 200 000 personnes ont manifesté à Montréal, la plus grande
ville du Québec, en appui à la grève, et, au cours des deux derniers mois, la
ville a connu un roulement continu de protestations quotidiennes devant des
édifices gouvernementaux, des banques et la bourse. Partout le long des rues, les
manifestantes/ants portent le symbole de la grève, un carré d’étoffe rouge fixé
par une épingle anglaise à leurs vestes, écharpes, bonnets et sacs à dos. Lors du récent rassemblement du «Jour de la
Terre», qui a réuni une foule record de plus de 250 000 personnes à Montréal,
les carrés rouges étaient fièrement arborés par des participantes/ants tout au
long du défilé, montrant que la grève des étudiantes/iants allume le flambeau de
la résistance dans toute la province.
Après avoir
refusé, de façon répétée, de rencontrer les étudiantes/iants, le gouvernement
libéral de Jean Charest a finalement été contraint de négocier avec les
représentants des trois plus grandes organisations étudiantes. Le gouvernement avait essayé de diviser les
groupes d'étudiants en exigeant que l'aile la plus militante du mouvement dénonce,
avant tout, la soi-disant "violence" étudiante. Pendant ce temps, le gouvernement de Jean
Charest a envoyé la police attaquer et arrêter des dizaines de manifestants, des
professeures/eurs, des enseignantes/ants et des sympathisantes/ants au cours des
actions de grève, alors que les directions des universités ont engagé des
forces de sécurité privées pour tenter de forcer les étudiantes/iants et les
professeures/eurs à assister aux cours.
Actuellement,
180 000 des 475 000 étudiantes/iants collégiaux et universitaires du Québec sont
en grève illimitée. Trois organisations y
participent : la Fédération des étudiants universitaires, la Fédération
des étudiants collégiaux et l'ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale
étudiante), organisation la plus militante, constituée d’associations
étudiantes indépendantes. L’ASSÉ a
réunis des étudiantes/iants sous l'égide de la CLASSE (Coalition large de
l'ASSÉ), nom très adéquatement choisi, front uni temporaire de lutte contre les
hausses des frais de scolarité et de coordination de la grève générale proposée.
Leur slogan est «Ensemble,
bloquons la hausse!»
L’ASSÉ,
en particulier, a tendu la main aux groupes communautaires, aux parents, aux
syndicats et aux enseignantes/ants en vue de la lutte actuelle pour le droit à une
éducation de qualité, gratuite, accessible, publique et non discriminatoire,
dans le cadre de l’ensemble des luttes sociales contre les compressions budgétaires
effectuées dans les services publics et contre l'offensive capitaliste qui
s’attaque aux travailleuses/eurs. Citons,
par exemple, la participation d’un grand nombre d'étudiantes/iants à des
actions aux côtés des peuples autochtones - qui ont été violemment réprimés - pour
s'opposer au «Plan Nord» du gouvernement du Québec. Ce plan, sous la fausse promesse d’offrir des
milliers d'emplois, vise essentiellement à permettre aux sociétés minières et
forestières de détruire le nord de la province afin d’obtenir de rapides profits.
Au
Canada, l'éducation est de compétence provinciale, et les frais de scolarité
ont, historiquement, été moins élevés au Québec (ils sont d’environ 2 100
dollars canadiens par année) que dans les autres provinces en raison de la
puissante mobilisation étudiante et populaire. En effet, à partir des années 1960, le
maintien des frais de scolarité des universités à des taux bas était devenu une
politique sociale cruciale au Québec. Avant
cela, le nombre des Québécoises/ois de langue française qui fréquentaient
l'université était extrêmement bas.
Les
coupures dans le financement sont le résultat des politiques néolibérales adoptées
par le gouvernement fédéral et de la pression exercée par les universités
privées, telles que l'Université de Montréal et l’Université McGill vers une
orientation lucrative de l'éducation. Dans
la foulée des mesures pratiquées ailleurs au Canada et aux États-Unis, un intense
travail des lobbies a eu lieu pour augmenter les frais de scolarité au Québec,
et, maintenant, le gouvernement Charest a décidé de hausser radicalement les
frais de scolarité.
Aujourd’hui,
partout au Québec, les étudiantes/iants sont motivés par des victoires des
grèves précédentes. Parmi ces victoires soulignons
notamment le mouvement de 1996, qui a conduit à un gel de presque dix années
des hausses des frais de scolarité, et la grève de 2005, lorsque des mois de
protestations étudiantes ont réussi à déjouer une tentative du gouvernement
libéral de Jean Charest de sabrer 103 millions de dollars du montant des
bourses accordées aux étudiants.
Sur le
front politique, les actions des étudiantes/iants ont reçu l’appui d'une variété
de forces progressistes, entre autres, de membres de la Ligue internationale
des luttes des peuples-Canada. Le parti «Québec
Solidaire», de tendance social-démocrate, qui a un représentant à l'Assemblée nationale
(siège du gouvernement de la Province), a offert un appui concret aux étudiantes/iants. Quant au Parti québécois, parti d'opposition
dominant, il s’est opposé en paroles à la hausse des frais de scolarité alors
qu’antérieurement, quand il avait été au pouvoir, il avait sans cesse essayé
d’augmenter ces frais.
Sur le plan international, les grévistes étudiants du Québec ont établi des liens avec les luttes ailleurs dans le monde opposées aux attaques impérialistes contre le droit à l'éducation.
Parmi
ces étudiantes/ants, il faut compter celles et ceux de l’Argentine, du Brésil, du
Chili, de la Colombie et du Pérou, qui ont organisé une journée d'action unie
en 2011. À Brasília, capitale du Brésil,
des milliers d’étudiantes/iants ont défilé l'an dernier pour défendre
l'éducation publique, alors qu'en Colombie, les étudiantes/iants ont organisé
trois manifestations nationales et une grève d'un mois qui a arrêté la réforme du
système éducatif colombien visant à privilégier l’éducation privée sur
l’éducation publique. Au Honduras, les
étudiantes/iants ont occupé plus de 150 écoles secondaires pour s'opposer à la
privatisation, et au Chili, des milliers d'étudiantes/iants ont exigé d’instauration
de la gratuité et de l’universalité de l'enseignement et la fin des politiques
néolibérales de l'ère du dictateur Augusto Pinochet, qui ont fait en sorte que
les universités du Chili sont devenues les plus chères d’Amérique latine.
La grève
étudiante du Québec mérite le plein appui de toutes les organisations-membres de
la LILP car elle constitue le plus récent mouvement à défendre le droit à
l'éducation pour toutes et tous et une répudiation directe et forte des
politiques néolibérales et impérialistes qui attaquent l'éducation, mais aussi
la santé et d’autres services publics. Les
étudiantes/iants et les peuples du monde sont encouragés par la grève étudiante
du Québec à mener de fortes luttes pour un mouvement soutenu et militant de
défense du droit à l'éducation et de résistance aux politiques qui limitent ce
droit.
La grève
des étudiantes/iant a contraint le gouvernement du Québec à négocier avec les
étudiantes/iants. Quelle qu’en soit le
résultat, cette grève a montré que nous pouvons et devons combattre le
programme impérialiste, et que l’ensemble de la population est révoltée en
raison des positions extrêmes de l'impérialisme et veut ardemment se joindre à
ces luttes fondamentalement anticapitalistes. # # #
Déclaration
agréée par :
Prof.
José Maria Sison
Président,Comité de coordination international
Ligue internationale des luttes des peuples
Office of the President
International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
Postbus 475, 3500 AL Utrecht, Netherlands
Tel: +31-30-8895306 – Fax: +31-30-2322989
e-mail: ilpschair@casema.nl – ilp515@runbox.com
Web URL: http://www.ilps.info
ILPS SALUTES THE STRIKING STUDENTS IN QUEBEC
AND SUPPORTS THE FIGHT FOR THE RIGHT TO EDUCATION
Issued
by the Office of the Chairperson
International
League of Peoples' StruggleApril 25, 2012
The
ILPS salutes the fighting spirit and determination of the students in Quebec
presently involved in an historic 10-week strike which has shaken the highest
echelons of power and their neoliberal agenda and has mobilized thousands of
students and supporters in an epic battle for the Right to Education. The
students are targeting moves by the Québec Liberal government to go back on
past promises and to hike post-secondary tuition fees by CAD $1,625 over the
next five years, doubling present rates. A powerful grassroots battle is
underway as students and supporters hold major street protests, sit-ins and
other creative actions.
Over
200,000 people marched through Quebec’s largest city, Montréal on March 22,
2012, to support the strike, and there have been daily rolling protests for the
past two months hitting government buildings along with banks and the stock
exchange. Walking along the city’s streets the symbol of the student strike,
red squares, are everywhere, attached to people’s jackets, hats, bags and
backpacks. At the recent Earth Day rally attended by a record crowd of 250,000+
in Montréal, again the red squares were evident throughout the throng as the
student strike seems to be lighting fires of resistance across the province.
After
repeated refusals to meet with the students, the Liberal government of Jean
Charest has finally been forced to negotiate with representatives of the three
major student organizations. The government had been trying to split the
student groups by demanding that the most militant wing first denounce
so-called student “violence”. Meanwhile, the government of Jean Charest sent in
the police to attack and arrest dozens of demonstrators, professors, teachers
and supporters during the strike actions while private security forces were
hired by the universities to try to force students and professors to attend
classes.
There
are presently 180,000 students out of the 475,000 university and college
students on unlimited strike across Quebec. Three organizations are involved;
the Federation of University Students, the Federation of College Students, and
Assé, or l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (Association for
Student Union Solidarity), the most militant organization made of independent
student associations. Assé has united students under the umbrella of the
smartly named CLASSE in French (Coalition large de l’ASSÉ – Class in English),
a temporary united front to fight the tuition fee hikes and to coordinate a
proposed general strike. Their slogan is Ensemble, bloquons la hausse /
Together Stop the Hike!
Assé, particularly, has reached out to community groups, parents, unions and teachers, viewing the present struggle for the right to quality education that is free, accessible, public and non discriminatory, as part of the wider social struggle against public service cutbacks and the capitalist offensive against working people. Many students, for example, attended actions alongside indigenous people – which were violently repressed - to oppose the Quebec government’s “Plan Nord (Plan North)”. This Plan, with its false promises of thousands of jobs, will essentially allow mining and forestry corporations to destroy the north of the province in the search for quick profits.
Education in Canada is under provincial jurisdiction and tuition fees have historically been lower in Quebec (approximately CAN$2100/yr) than in other provinces because of strong student and popular mobilization. Keeping tuition fees low in university became a key social policy in Quebec starting in the 1960s. Before that, the number of French-speaking Quebecers who went to university was extremely low.
But
with the cutbacks in funding that have resulted from neoliberal policies by the
Federal government and the push for profit-oriented education by the private
universities like the University of Montreal and McGill, there has been intense
lobbying for increased tuition fees in line with what is being practiced
elsewhere in Canada and U.S. Thus, the Charest government has now decided to
increase tuition fees radically.
Students across Quebec today are motivated by victories of past strikes. These include the 1996 actions that led to an almost decade-long freeze in tuition hikes, as well as the 2005 strike when after months of protest students successfully countered an attempt by Jean Charest’s Liberal government to slash $103 million from bursaries granted to students.
On
the political front, the student actions have received support from a variety
of progressive forces, including ILPS-Canada members. The Quebec social
democratic party, Quebec Solidaire, which has one representative in the
provincial assembly, has offered concrete support to the students while the
mainstream opposition party, the Parti Québécois, has mouthed opposition to the
tuition hikes, but when previously in power continually tried to raise the same
fees.
On
the international front, Quebec’s student strikers have linked up with
struggles elsewhere around the globe opposing imperialist attacks against the
right to education.
These include students in Argentina, Brazil, Chile, Colombia and Peru who held a united day of action in 2011. In the Brazilian capital, Brasilia, thousands marched last year to defend public education, while in Colombia students held three national marches and a month-long strike against privatization of the Colombian education system. In Honduras, students occupied over 150 high schools in opposition to privatization, and thousands of students in Chile demanded free universal education and an end to the neoliberal policies from the era of dictator Augusto Pinochet that have left Chile’s universities the most expensive in Latin America.
The
student strike in Quebec deserves the full support of all ILPS
member-organizations as it forms the latest movement to defend the right to
education for all and is a direct and strong repudiation of the neoliberal and
imperialist policies targeting education, but also health and other public
services. The students and peoples of the world
are inspired by the student
strike in Quebec to wage a strong,
sustained and militant movement
to defend the right to education and resist the policies that curtail this
right.
The student strike has compelled the Quebec government to negotiate with the students. Whatever the outcome, this strike has shown that we can and must confront the imperialist agenda and that the wider population, fed up with the excesses of imperialism, is hungry to join in these fundamentally anti-capitalist struggles.###
Certified
by:
Prof. Jose Maria Sison
Chairperson, International Coordinating Committee
International League of Peoples' Struggle