mercredi 4 avril 2012
Debout les 55 ans et plus!
OPINION du lecteur
Debout les 55 ans et plus!
Les changements sociaux survenus au Québec comme au Canada, les conditions de vie et de travail
que nous avons aujourd'hui, les mesures de solidarité sociales qui nous protègent tous de la naissance
(allocations familiales, hospitalisation) à la mort, ne sont pas tombées du ciel. Des luttes sociales
difficiles soumises aux répressions politiques et policières ont du être menées par les femmes, les
travailleurs, les syndicats, les étudiants, les autochtones, les locataires et autres. Plusieurs ont fait de la
prison pour leurs convictions et leurs valeurs, comme Madeleine Parent et Michel Chartand. Et toute la
population en a profité, même ceux qui regardaient passer la parade. Avant ces luttes de justice sociale
nous étions très vulnérables. Une maladie grave, un accident au travail, une perte d'emploi, un handicap
physique ou intellectuel, une dépression, une naissance en milieu pauvre et c'était la catastrophe.
Avenir bouché. «Navré! T'es pas dans le 1%»
Quand je lis dans les journaux que les 55 ans et plus appuient le gouvernement à 68%, je ne comprends
pas. Avez-vous perdu la mémoire et le bon sens? Vos pensions et tous les services accessibles
par la redistribution de nos impôts nous les devons à des citoyens comme ces étudiants et d'autres
qui marchent et prennent des coups parce qu'ils ont une conscience allumée et s'en servent. Les
gouvernements n'en ont rien à cirer de votre bien-être. Ils sont à la solde des grandes corporations et
des affairistes. Y a pas eu assez de scandales ces dernières années pour vous ouvrir les yeux? Sortons
des raisonnements simplistes qui ne parlent que de comptabilité-maison et non des enjeux de fond
comme le genre de société que nous voulons. Individualiste ou solidaire? Depuis des années nous
reculons avec les libéraux qui dilapident au profit du privé les acquis d'une société qui se voulait plus
équitable et plus démocratique. Avant les années de la révolution tranquille, les compagnies et leurs
alliés au pouvoir faisaient la pluie et le beau temps. Ce n'était pas le bon temps. Mon père travailleur
journalier s'est levé et tenu debout avec d'autres pour défendre sa dignité et ses droits. A 68 ans, je
me souviens toujours. Je suis très fier de ces étudiants courageux et je marche avec eux. Alors que les
nuages de la répression juridique s'amoncellent, appuyez-les en paroles, en actes et en carrés rouges.
Gérard Laverdure
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