Grève Étudiante : Comment aborder une sortie de Crise ?
C'est drôle, cette après midi à l'Assemblée Générale de l'AFESPED-UQÀM pour la reconduction de notre grève générale illimitée, je n'avais que cette constatation à faire : tous et toutes parlaient des perspectives de fin de cette grève, que l'on souhaite victorieuse, tous et toutes parlaient, sur un éventail d'opinions, de la sortie de crise à venir.
La question est loin d'être banale et la discussion et les débats doivent se faire! Yeux dans les yeux et dans toutes l'authenticité dont les acteurs peuvent en faire preuve. Car on peut entrevoir la question de la sortie de crise de plusieurs manières différentes :
par une négociation délégationelle qui a portée fruit,
par une escalade des moyens qui à coûtée tellement cher que le gouvernement ne peut que plier,
par une négociation imposée par la force de nos actions de désobéissance civile,
par une négociation partielle qui ralliera la majorité modérée des associations étudiantes membres d'une ou deux association-s étudiantes nationales,
par une trop grande résistance du gouvernement qui rendra caduque nos moyens de pressions,
par un essoufflement des militantes et des militants les plus impliqué-E-s ...
etc. etc. etc.
BREF : des questions à vous poser :
Pourquoi êtes-vous en grève ?
Jusqu'à quelle point êtes vous prêtes et prêts à aller jusqu'au bout pour qu'il n'y ait pas de hausse des frais de scolarité ?
Que faites vous présentement pour contribuer à la réussite de nos moyens de pressions actuels?
Réussissez-vous à convaincre des personnes d'appuyer le mouvement étudiant ?
etc.
Cette Hausse, on le sait, n'épargnera personne :
« Dans Grève, il y a Rêve! »
Oui, la grève reste un espace-temps ou on peut collectivement se donner le droit de rêver.
On affirme haut et fort notre aspiration à la Liberté et on décide d'abaisser quelques barrières;
pour nous donner du Temps.
Comment peut-on rêver cette Grève ? Comment peut-on s'inspirer des grands moments de notre Histoire comme la Révolution Tranquille ? Ou même de la création de l'UQÀM ?
La ministre ne se décidera de négocier avec nos délégué-E-s qu'aux fruits de nos efforts collectif pour démontrer jusqu'à quel point nous sommes déterminé-E-s.
Mais SI ? Mais si elle accepte de négocier et qu'elle donne une proposition ?
Qu'elle sera votre attitude ?
Est-ce une question de chiffre ? Pour les plus modérés, une hausse de 600$ serait-elle acceptable? Ou-bien de 1000$ ; ou-bien 1200$ d'ici 5 ans ?
À l'AFESPED cette après midi c'était clair et net : on ne veut pas de hausse du tout!
ET nous avons pleins de propositions pour le gouvernement d’où aller chercher de l'argent neuf pour notre système d'Éducation!
Ces quelques mots insistent sur l'impératif de se questionner, de réfléchir tous et toutes ensemble.
Je n'ai pas de formule miracle pour la sortie de crise de cette grève; mais cela ne pourra que se faire dans le respect des convictions profondes de tous et toutes et de leur praxisme quotidienne et de grévistes.


